Evan Osmont5 min de lecture
En bref
En 2026, un micro-entrepreneur cotise 12,3 % de son chiffre d'affaires encaissé pour la vente, 21,2 % pour les prestations de services commerciales et 25,6 % pour les libéraux non réglementés. S'ajoutent la formation professionnelle et, sur option, le versement libératoire de l'impôt. L'ACRE passe de 50 % à 25 % d'exonération pour les entreprises créées depuis le 1er juillet 2026. Déclarez chaque mois ou chaque trimestre, même sans recette.
En micro-entreprise, le calcul des cotisations sociales tient en une ligne : un pourcentage appliqué au chiffre d'affaires encaissé. Pas de bilan, pas de régularisation deux ans plus tard. C'est l'un des grands atouts du régime.
Encore faut-il appliquer le bon taux, déclarer au bon rythme et ne pas oublier les petites lignes : formation professionnelle, versement libératoire, ACRE. Plusieurs de ces paramètres ont bougé en 2026. Voici ce qu'il faut savoir pour déclarer juste et prévoir votre trésorerie.
Le taux dépend de la nature de votre activité. Depuis le 1er janvier 2026, les taux applicables au chiffre d'affaires encaissé sont les suivants :
Ces taux couvrent l'ensemble de votre protection sociale : maladie, maternité, retraite de base et complémentaire, invalidité-décès, ainsi que la CSG et la CRDS.
La hausse concerne surtout les libéraux non réglementés : consultants, développeurs, graphistes, formateurs. Leur taux progresse depuis 2024 pour financer une meilleure retraite complémentaire. Si vous en faites partie, révisez vos tarifs : à chiffre d'affaires égal, votre revenu net a baissé.
À ces taux s'ajoute la contribution à la formation professionnelle (CFP), qui vous ouvre des droits à la formation :
Le principe est simple : chiffre d'affaires encaissé × taux. Le mot important est « encaissé » : une facture émise mais non payée n'entre pas dans le calcul. Seules comptent les sommes effectivement reçues pendant la période déclarée.
Vous êtes développeur indépendant, affilié à la Sécurité sociale des indépendants. Ce trimestre, vous avez encaissé 9 000 €.
Pour le même chiffre d'affaires en prestations de services commerciales, le total serait de 9 000 € × 21,3 % = 1 917 €. D'où l'importance de vérifier votre catégorie d'activité, indiquée lors de votre immatriculation.
La méthode la plus sûre : dès qu'un paiement arrive, virez sa part de cotisations sur un compte séparé. Pour un libéral non réglementé, mettez de côté environ 26 % de chaque encaissement ; ajoutez l'impôt sur le revenu si vous n'avez pas opté pour le versement libératoire.
Sur option, vous pouvez payer votre impôt sur le revenu en même temps que vos cotisations, avec un taux fixe appliqué au chiffre d'affaires :
L'option est réservée aux foyers dont le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année ne dépasse pas un plafond, révisé chaque année. Elle est avantageuse si votre foyer est imposé dans une tranche élevée ; elle l'est beaucoup moins si vous seriez peu ou pas imposable au barème classique. Faites la simulation avant de vous engager.
Vous déclarez votre chiffre d'affaires en ligne, sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr ou l'application mobile, selon la périodicité choisie à la création.
Le trimestriel limite la charge administrative ; le mensuel lisse les prélèvements et évite de mauvaises surprises en fin de trimestre. Vous pouvez changer de rythme : la demande doit être faite avant le 31 octobre pour s'appliquer au 1er janvier suivant.
Aucune recette sur la période ? Vous devez quand même déclarer 0 €. Chaque déclaration manquante entraîne une pénalité forfaitaire d'environ 58 €, et deux années civiles consécutives sans chiffre d'affaires entraînent la perte du statut de micro-entrepreneur.
L'aide à la création ou à la reprise d'entreprise (ACRE) réduit vos cotisations pendant vos quatre premiers trimestres d'activité. Elle a été profondément revue :
Concrètement, une micro-entreprise créée en septembre 2026 cotise à 75 % du taux normal la première année, contre 50 % auparavant. Intégrez ce coût dans votre prévisionnel.
Les cotisations sont-elles calculées sur le chiffre d'affaires facturé ou encaissé ? Sur le chiffre d'affaires encaissé. Une facture émise en décembre et payée en janvier se déclare sur la période de janvier.
Que se passe-t-il si je n'ai rien encaissé ? Vous déclarez 0 € et ne payez aucune cotisation. En revanche, vous ne validez pas de trimestres de retraite sur cette période.
J'exerce deux activités différentes. Quel taux s'applique ? Chaque activité est déclarée séparément, avec son propre taux. Ventilez bien votre chiffre d'affaires entre les deux lignes lors de la déclaration.
Puis-je déduire mes frais professionnels ? Non. En micro-entreprise, aucune charge n'est déductible : le taux s'applique au chiffre d'affaires brut. Si vos frais dépassent durablement un tiers de vos recettes, comparez avec le régime réel.
Que faire en cas d'erreur de déclaration ? Contactez l'URSSAF par la messagerie de votre espace en ligne. Une erreur au détriment de l'URSSAF, corrigée spontanément, est traitée bien plus favorablement qu'une omission découverte lors d'un contrôle.
Le calcul des cotisations en micro-entreprise est simple, mais les paramètres évoluent chaque année : hausse du taux des libéraux, ACRE réduite de moitié, versement libératoire à réévaluer. Vérifiez votre catégorie d'activité, réservez systématiquement votre part de cotisations à chaque encaissement et ne manquez aucune échéance, même à zéro.
Avant chaque déclaration, un simulateur vous donne le montant exact en quelques secondes, et vous évite de découvrir vos cotisations au moment du prélèvement.